Tout lisse, tout lisse…

1 07 2010

28 Avril 2003

Douce impression en ce jour tragique. Quel ne fut pas mon étonnement à me surprendre à avoir des pensées érotiques cet après-midi, lissant les joints de la faïence avec mes doigts humides…

Je viens de perdre un être cher.

Au même moment des images vraiment très suggestives ont surgi. Vous arriviez à l’improviste, comme ça, sans prévenir !

Je n’ai eu que le temps d’ôter la pince rose ridicule qui retenait mes cheveux en une espèce de palmier plat, avant d’ouvrir la porte sur votre sourire. Le joint de carrelage ne pouvant souffrir une attente de plus de quelques minutes, vous m’avez incitée à poursuivre et ne m’avez pas lâchée des yeux durant toute la fin de l’opération. Sont venues dans la conversation, qui se poursuivait au delà de tout ça, les références de « Butch » et de « Femme », à laquelle des deux l’une et l’autre nous pensions appartenir, les comparaisons avec des couples connus de chacune. D’une main ferme je poursuivais mon travail de plâtrière, maniant la truelle et la spatule, gestes précis, répétés tout au long du carreau, puis le lissage venait à son tour. Là, c’est l’humidité qui entrait dans le tableau, l’éponge pour évacuer le surplus et les doigts mouillés caressant ce joint avec juste la pression nécessaire. Ni trop, ni trop peu. Le résultat devant être le plus lisse, le plus doux possible. Vous n’avez pu réprimer un sourire complice, les yeux brillants et riants de cette allégorie vivante. Je vous voyais du coin de l’œil, vous devinais plus que ne vous regardais. Cette sensation de vous savoir là, de vous sentir là, de vous percevoir dans mon dos fut un enchantement. Nos pensées se rejoignaient, me procurant un plaisir indicible.

Le mystère de la naissance des idées est grand. Association d’idées, j’aurais tout aussi bien pu me diriger vers le fromage blanc battu de mon enfance, dans lequel mon frère et moi mettions du sirop de grenadine et tournions notre cuillère le plus vite possible accompagné d’un « tout lisse tout lisse tout lisse… » ou d’un « tounin tounin tounin… » selon l’humeur, jusqu’à obtenir un mélange rosé parfaitement lisse, sans grumeau. Mais non, je me suis laissée embarquer vers d’autres images, celles du plaisir, celles de la rencontre d’un doigt et d’une perle humide, douce, offerte. C’était vous qui étiez là et non mon frère, comment êtes-vous arrivée, pourquoi vous ? Ma banque de données personnelle vous a fait émerger, je vous ai laissé le champ libre, ainsi cette pensée a existé.

 

 


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